PRINCIPES DE CREATIVITE ARTISTIQUE

 

 

Charles Péguy : « le principe même des cathédrales »

« De mon temps tout le monde chantait. Dans tous les corps de métiers on chantait. Dans ce temps-là, on ne gagnait pour ainsi dire rien. Et pourtant il y avait, dans les plus humbles maisons, une sorte d’aisance dont on a perdu le souvenir. Au fond, on ne comptait pas. Et on n’avait pas à compter. On ne gagnait rien; on ne dépensait rien; et tout le monde vivait. On pouvait élever des enfants, et on en élevait. Il y avait un honneur incroyable du travail. Tous les honneurs convergeaient en cet honneur : une décence, une finesse de langage, un respect du foyer. Un sens du respect, de tous les respects. D’ailleurs le foyer se confondait très souvent avec l’atelier, et l’honneur du foyer et celui de l’atelier, c’était le même honneur. Tout était une élévation intérieure, et une prière. Toute la journée, le sommeil et la veille, le travail et le peu de repos, le lit et la table, la soupe et le bœuf, la maison et le jardin, la porte et la rue, la cour et le pas de la porte, et les assiettes sur la table.

Le travail était une prière. Et l’atelier un oratoire. Nous avons connu des ouvriers qui avaient envie de travailler. Ils se levaient le matin (et à quelle heure !), et ils chantaient à l’idée qu’ils partaient travailler. A onze heures, ils chantaient en allant à la soupe. Travailler était leur joie même, la racine profonde de leur être. Nous avons connu ce soin poussé jusqu’à la perfection, cette piété de l’ouvrage « bien faite ». J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main, que ce même peuple avait taillé ses cathédrales. Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyennant le salaire. Il ne fallait pas qu’il fut bien fait pour le patron. Il fallait qu’il fût bien fait lui même, en lui-même, pour lui-même. Une tradition, venue, montée du plus profond de la race, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales. »

L’Argent, Charles Péguy, 1913. 

 

Jean Giraudoux : « Joie et Amour »


Moi je ne suis plus dans le jeu. C’est pour cela que je suis libre de venir vous dire ce que la pièce ne pourra vous dire. Dans de pareilles histoires, ils ne vont pas s’interrompre de se tuer et de se mordre pour venir vous raconter que la vie n’a qu’un but, aimer. Ce serait même disgracieux de voir le parricide s’arrêter, le poignard levé, et vous faire l’éloge de l’amour. Cela paraîtrait artificiel. Beaucoup ne le croiraient pas. Mais moi qui suis là, dans cet abandon, cette désolation, je ne vois vraiment pas ce que j’ai d’autre à faire ! Et je parle impartialement. [...], c’est ma nuit de noces que je passe ici, tout seul – merci d’être là –, et jamais je n’en aurai d’autre, et le sirop d’oranges que j’avais préparé pour Electre, c’est moi qui ai dû le boire – il n’en reste plus une goutte, c’était une nuit de noces longue. Alors qui douterait de ma parole ? L’inconvénient est que je dis toujours un peu le contraire de ce que je veux dire ; mais ce serait vraiment à désespérer aujourd’hui, avec un cœur aussi serré et cette amertume dans la bouche – c’est amer, au fond, l’orange –, si je parvenais à oublier une minute que j’ai à vous parler de la joie. Joie et Amour, oui. Je viens vous dire que c’est préférable à Aigreur et Haine. Comme devise à graver sur un porche, sur un foulard, c’est tellement mieux ou en bégonias nains dans un massif. Évidemment, la vie est ratée, mais c’est très, très bien, la vie. Évidemment, rien ne va jamais, rien ne s’arrange jamais, mais parfois avouez que cela va admirablement, que cela s’arrange admirablement… Pas pour moi… Ou plutôt pour moi ! Si j’en juge d’après le désir d’aimer, le pouvoir d’aimer tout et tous, que me donne le plus grand malheur de la vie, qu’est-ce que cela doit être pour ceux qui on des malheurs moindres ! [...] Je ne sais pas si vous êtes comme moi ; mais moi dans la Tragédie, la pharaonne qui se suicide me dit espoir, le maréchal qui trahit me dit foi, le duc qui assassine me dit tendresse. C’est une entreprise d’amour, la cruauté… pardon, je veux dire la Tragédie. Voilà pourquoi je suis sûr, ce matin, si je le demandais, le ciel m’approuverait, ferait un signe, qu’un miracle est tout prêt, qui vous montrerait inscrite sur le ciel et vous ferait répéter par l’écho ma devise de délaissé et de solitaire : Joie et Amour. [...] Mais je les conjure plutôt, je vous conjure, Dieu, comme preuve de votre affection, de votre voix, de vos cris, de faire un silence, une seconde de votre silence… C’est tellement plus probant. Écoutez… Merci."

Electre -Entracte " Le lamento du jardinier", Jean Giraudoux, 1937. 

 
Ecoute, mon ami !
Louis Jouvet

François Combeau - Maître praticien Feldenkraiss - Espace du Temps Présent, Paris :

« Créativité et Evolution »


La créativité et l'évolution ne sont pas affaire d'accumulation de savoir. La question n'est pas de savoir si on sait faire ou si on ne sait pas faire. La créativité et l'évolution passent par un changement de la façon de penser son métier, de se penser, de se comporter, dans sa façon d'agir.

Comment utiliser ce potentiel extraordinaire que nous avons à notre disposition ? Ce n'est pas d'apprendre à faire des choses nouvelles qui développent notre potentiel. C'est de s'organiser, de nettoyer, de libérer pour que le potentiel puisse s'exprimer quand on en a besoin.

Vous n'avez rien à attendre. Vous l'êtes déjà. Devenez votre potentiel et exprimez la richesse qui est en vous, créez !"

 
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VIRTU'OSE - Alain BOUSIGUE

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Société de Créations Artistiques

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